
Lundi, la foudre ; jeudi, le tonnerre. En l’espace de 72 heures, Brice Clotaire Oligui Nguema a joint l’acte à la parole avec une brutalité administrative qui fera date. Lors du dernier conseil des ministres de l’année tenu jeudi 18 décembre, le Général devenu Président a fait sauter le cabinet du ministre de la fonction publique.

Le constat de lundi matin était humiliant pour l’État, à peine 60 agents présents sur 400 et des dossiers de concours s’entassant dans des cartons.
La réaction du Conseil des ministres de ce 18 décembre est peut-on dire, à la mesure de l’affront. Une décapitation pure et simple de la chaîne de commandement du ministère.

« Il a été mis fin aux fonctions des membres du Cabinet du Ministre ». Plusieurs responsables de premier plan ont été également été suspendus.
Il s’agit notamment du Secrétaire Général, le Colonel Jonas Sambi, de son adjoint, Elie Christian Aghoma-Molombo.
La Direction générale de la Fonction Publique, Edith Kombila ainsi que plusieurs autres directeurs centraux (Archives, Gestion du personnel, Recrutement, Communication) ont également été suspendus.

La visite inopinée n’est plus une simple mise en garde, elle est devenue l’antichambre de la sanction immédiate.
Oligui Nguema coupe les « têtes » plutôt que les membres c’est à dire les subalternes. Il impose une nouvelle doctrine, celle de la responsabilité hiérarchique.

Le message envoyé au reste de l’administration est limpide, désormais, entre le constat de défaillance et la signature du décret de suspension, il n’y a plus que trois jours de sursis.
L’ère de la complaisance semble avoir vécu ; celle du résultat, ou de la porte, vient de commencer.



